Demandez des formats ouverts avec l’April

L’April a lancé une pétition en ligne pour demander à l’Éducation nationale d’utiliser uniquement des formats ouverts. Cette pétition ne concerne pas les seuls personnels dépendants de ce ministère, elle est au contraire ouverte à tous. Il est important que tout le monde aille signer cette pétition, c’est si simple et utile.

Cette pétition est un «Appel pour l’interopérabilité dans l’Éducation nationale». Sous ce vocable quelque peu difficile à prononcer, l’interopérabilité est expliquée sur la page de la pétition:

Je demande la mise en place d’une règle simple et claire dans l’Éducation nationale :

toute mise à disposition de documents au sein du service public de l’Éducation nationale et tous les échanges de documents bureautiques (texte, tableur, présentation) doivent se faire dans des formats de fichiers ouverts.

Pourquoi est-il important d’utiliser des formats ouverts? La réponse est sur la même page:
C’est le seul moyen de ne pas être asservi à un logiciel spécifique ni à un fournisseur particulier.

Au contraire, si vous utilisez le format fermé DOCX pour vos textes, vous dépendez d’une multinationale en position de monopole, Micro$oft, qui a décidé de laisser tomber son ancien format DOC, incompatible avec certaines versions de son logiciel privateur, Word. Vous aurez donc des difficultés à communiquer vos textes DOCX à des gens qui ont une ancienne version de Word utilisant le format fermé DOC.

Il n’y a aucune raison que l’Éducation nationale impose le format DOCX qui vous forcerait à acheter ou à copier illégalement le logiciel Word capable de lire ce format fermé.

Dans le Libre, nous avons tout ce qu’il faut pour faire du traitement de texte ou des feuilles de calcul (tableur) dans des formats ouverts qui ne dépendent pas de LibreOffice, excellente suite bureautique libre et que chacun peut installer sur son système informatique.

Si vous n’avez pas LibreOffice Writer parce que c’est trop lourd pour votre vieil ordinateur, vous pouvez installer Abiword. Ce logiciel pourra lire le format ODT, même s’il a son propre format de fichier.

À défaut de LibreOffice Calc, le module «tableur», vous pouvez utiliser le logiciel Gnumeric qui lit très bien le format ODS.

Tout logiciel peut utiliser librement un format ouvert et même si le logiciel est lui-même privateur.

En attendant l’heureuse éviction des formats fermés qui nous privent de la liberté de communiquer avec les autres paisiblement, il vaut mieux utiliser la suite bureautique LibreOffice, qui vous donne des bouées de secours: «Oh secours, je ne peux pas lire ce fichier fait sous Word, c’est du DOCX et je n’ai pas le bon Word». Eh bien, LibreOffice Writer va vous l’ouvrir.

Abiword, de son côté, ouvre très bien les RTF et les Wordperfect, vieux formats fermés qui moisissent dans certains ordinateurs.

Alors, à quoi bon cette pétition, si on se débrouille avec LibreOffice et Abiword et toutes sortes de logiciels libres pour lire des formats fermés? Si les logiciels libres sont si malins et serviables, pourquoi signer une pétition?

C’est que beaucoup de gens se plaignent que les textes ne s’affichent pas tous comme il faut et qu’ils ont des difficultés à travailler avec des gens dépendants de formats fermés.

Les formats fermés ont leur code-source fermés, il est impossible d’aller voir réellement comment ils sont «fabriqués», ce qui veut dire que les programmeurs de LibreOffice ou d’Abiword ou de Gnumeric ne peuvent que regarder comment le format fonctionne pour imaginer un code qui arriverait au même résultat. Ils travaillent par rétro-ingéniérie, en regardant le plat cuisiné pour rédiger sa recette. C’est donc toujours une approximation malgré tout le bon boulot que font ces travailleurs obstinés.

En revanche, la recette d’un format ouvert est ouverte à tous. Chacun peut s’en emparer pour l’intégrer à son logiciel. Et chacun peut communiquer avec d’autres gens à l’aide de logiciels différents.

Une dernière citation pour la route:

Les lacunes d’interopérabilité des formats privateurs et fermés ne résultent pas d’une incapacité technique de la part de leurs éditeurs : il s’agit d’une stratégie commerciale visant à provoquer la dépendance des utilisateurs et à créer un marché captif.

Le service public d’éducation dans son ensemble ne doit pas être otage d’écosystèmes propriétaires utilisant des formats fermés. L’école ne doit pas contribuer à accoutumer les élèves [à] la stratégie d’enfermement des éditeurs dominants [Micro$oft, Adobe, par ex.].

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